Le mont Fansipan
L’origine du nom « Fansipan » reste incertaine et plusieurs hypothèses existent à ce sujet. Selon certaines sources, le sommet aurait autrefois été appelé Hua Xi Pan, une expression populaire pouvant être interprétée comme « un énorme rocher incliné ». Une autre hypothèse attribue ce nom à la langue hmong, où il évoquerait la « montagne des rhododendrons », en raison de la présence abondante de ces arbustes sur les pentes de la montagne.
Une autre explication avance que le nom Fansipan serait lié à Phan Văn Sơn, un géographe de la dynastie Nguyễn qui aurait accompagné les Français en 1905 lors de travaux de cartographie et de délimitation des frontières entre le Vietnam et la Chine des Qing.
(Photo: Collectée)
Culminant à 3 143 mètres d’altitude, le Fansipan est le plus haut sommet du Vietnam, mais aussi de toute l’Indochine, qui regroupe le Vietnam, le Laos et le Cambodge. C’est pourquoi il est souvent surnommé « le Toit de l’Indochine ».
Dans l’ouvrage La Conquête du sommet du Fansipan, publié en français le 29 novembre 1935 par l’Association géographique de Hanoï, le professeur L. Salles, enseignant à l’école Albert-Sarraut, mentionne les premières ascensions françaises du sommet.
À la fin du mois de juillet 1905, le sergent Denis, accompagné des lieutenants Scherdlin et Benoit, reçut la mission d’atteindre le sommet du Fansipan. Il est probable que Denis soit parvenu seul jusqu’au point culminant. Il laissa une description assez précise d’une borne située sur un rocher au sommet, ainsi que plusieurs détails sur les difficultés de l’expédition. Il fallut trois jours pour gravir la montagne. Denis rapporta notamment que la forêt atteignait le sommet, que la pluie était présente à mi-parcours et qu’il y faisait très froid. Pour marquer le point le plus élevé, il aurait incrusté trois balles de fusil dans un gros rocher, disposées en forme de triangle.
Peu après cette expédition, une autre mission cartographique fut menée sous la direction du lieutenant Bourély. D’après les documents du Service géographique, le sergent Dollo atteignit à son tour le sommet autour du 1er octobre 1905. L’ascension lui aurait demandé huit jours à partir des dernières habitations rencontrées sur le chemin. Le brouillard épais, la forêt dense et la difficulté à identifier le point le plus élevé rendirent l’expédition à la fois éprouvante et remarquable.
Aujourd’hui, le Fansipan est devenu l’un des symboles majeurs de Sa Pa. Il attire les voyageurs par la beauté spectaculaire de ses paysages de montagne, son climat frais et l’expérience unique de se tenir sur le point le plus élevé de l’Indochine.
